3 questions à Béatrice Castaner, auteure du roman Aÿmati

Son premier roman, Aÿmati, évoque trois femmes, qui ont vécu à trois époques différentes. La femme du passé, Ay, la femme du présent, Gabrielle et la femme du futur, Mara. Aÿmati est un roman sur l'évolution de l'Humanité, sur la transmission, sur les femmes. Béatrice Castaner, l'auteure, a répondu à trois questions sur son roman.

Comment est né Aÿmati ?

Le roman est né de mon désir d'écrire sur des femmes et des hommes de l'espèce néandertalienne, nos cousins, trop longtemps méprisés et considérés par nous, "espèce supérieure", comme des êtres idiots et dégénérés, ce qu'ils n'étaient évidemment pas. Ecrire pour nous remettre à notre juste place, celle d'êtres humains qui sont les derniers représentants de l'Humanité (non pas les survivants, juste les derniers) et à ce titre nous avons une lourde responsabilité : jusqu'où serons-nous capables de porter cette humanité, et que restera-t-il d'elle quand nous aurons disparu ?

Trois temps (passé, présent et futur) coexistent dans le roman, que signifie cette construction narrative ?

Cela signifie que le temps n'est pas, pour moi, une construction linéaire, que nous vivons dans un espace temps dont nous ne connaissons que très peu de choses, où différentes théories de naissances et d'évolutions de l'Univers sont toujours à l'étude. J'ai construit ce roman en imaginant que les différents "temps" sont reliés, non pas qu'un être humain pourrait "sauter" d'un temps à l'autre (sur le mode "Retour vers le futur" par exemple), mais qu'une action produite par une femme ou un homme il y a 30 000 ans peut changer radicalement la vie d'une autre femme ou d'un autre homme, de nos jours. J'ai choisi d'écrire ce roman au présent, en mettant en miroir des parcours de vie à 30 000 ans d'écart, car je pense que, fondamentalement, nous vivons les mêmes expériences au cours de nos existences.

Selon vous, l'avenir de l'humanité est-il voué à la destruction, comme dans le roman ?

Au terme "destruction", je substitue le terme de "disparition". Oui. Si nous re-situons l'espèce "sapiens" à laquelle nous appartenons dans le grand cycle de la vie sur notre planète qui a débuté il y a environ 600 millions d'années, alors oui, nous sommes appelés à disparaître, puisque nous faisons partie du cycle de l'évolution des espèces. Certaines perdurent plus longtemps que d'autres, mais au final disparaissent, et laissent la place à d'autres. Nous ne sommes pas un aboutissement, juste une branche sur l'arbre du vivant. Et pour moi le merveilleux vient de ce grand brassage de la vie.

Rencontre avec Béatrice Castaner

Rendez-vous le vendredi 5 février à 19h à la bibliothèque de Varades pour échanger avec Béatrice Castaner.

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