Ingrandes-Le Fresne sur Loire, port de Loire

UNE POSITION FAVORABLE : LA FRONTIÈRE

Sous l’Ancien Régime, « Ingrande dont la moitié est de Bretagne et l’autre d’Anjou » est un port important pour les mariniers de la Rivière.

La roche locale, le poudingue, impose un virage marqué au fleuve. Les premiers bateliers, dans leurs pirogues monoxyles, ont dû apprécier cette roche en pente douce et ensoleillée qui permettait d’attendre le vent favorable en commerçant entre Namnètes et Andécaves.

En 851, une pierre remarquable* est choisie pour borner la Bretagne après la défaite de Charles le Chauve, roi de France, face à Érispoë qui devient alors roi des Bretons.

 

LA NAISSANCE DES PORTS

un lieu de négoce et de sujétions administratives se développe à partir du XVe siècle. Les rives de la cité s’organisent en petits ports qui prennent le nom des bénéficiaires ou des fonctions.

En amont, le mesurage. On y contrôle les quantités de sel transportées. Vers l’aval, la cale des halles, du moulin, les ports de la Douane et de la Verrerie royale, la cale Mathieu d’où part le charbon de Montrelais vers Indret, puis les ports de la rue du Fresne pour fournir vin, foin et bois de chauffage aux bourgeois de Nantes.

Au XVIIIe siècle, les plus riches négociants locaux s’approprient la rive au grand dam des habitants.

De 1696 jusqu’en 1826, Ingrandes est aussi quartier maritime. Les mariniers, inscrits maritimes, doivent servir trois à quatre ans dans les Arsenaux. Le quartier d’Ingrandes compte jusqu’à 33 paroisses.

LA NAVIGATION ÉVOLUE

À partir de 1822 les paquebots à vapeur révolutionnent la navigation. Toutefois, en 1837 les Ingrandais assistent à l’explo- sion du Vulcain qui fait cinq morts. Ce type d’accident assure le succès des « Inexplosibles », plus sûrs.

Vers 1843, il existe trois arrêts le matin vers Nantes et autant en soirée vers Angers.

UN LENT DÉCLIN

L’installation du chemin de fer entre Orléans et Nantes en 1851 conduit à l’effondrement rapide de la navigation.Trop tardivement, pour tenter d’enrayer ce déclin, les Ingrandais transforment la partie amont de leur rive en construisant, à la fin du XIXe siècle, des cales en pente douce de part et d’autre du pont suspendu inauguré en 1868. Jusqu’en 1992, les derniers Pétroliers de l’Ouest qui remontent entre Donges et Bouchemaine font parfois halte à la cale de l’église.

QUEL AVENIR ?

De nos jours, ces ouvrages portuaires pourraient trouver de nouveaux usages, touristiques et estivaux. Mais l’effondrement du lit de la Loire exige d’adapter les travaux des siècles passés aux conditions contemporaines.

* Voir Yves Ménanteau, “La Pierre de Bretagne. Symbole de séparation millénaire... mais aussi ciment de nouvelle union”, dans Histoire et Patrimoine au Pays d’Ancenis, 2016, n°31, p. 30-35.

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