Les 1001 vies de Mario

Un esprit créatif, une curiosité insatiable : Mario Chejab construit sa vie au fil de ses rencontres et de ses envies. Rencontre avec un homme caméléon.

 

C’est en 2017 qu’il emménage à Joué-sur-Erdre. Après avoir vécu à Londres et être retourné dans son pays natal, la Colombie, pour un projet de reforestation, Mario pose ses valises sur le Pays d’Ancenis. Le néo-Jovéen de 43 ans a repéré un ancien hôtel-restaurant à vendre. Après l’avoir rêvé en studio d’art (son atelier), il sera finalement aménagé en café-brasserie. L’aventure commence. « J’avance dans la vie sans projet préconçu, j’accepte ce que la vie met sur ma route pour créer celle qui me convient », raconte t-il, amusé.

Inspiré par l’ambiance de ce lieu atypique et son passage dans la capitale anglaise, Mario se lance dans la création d’une microbrasserie. Avec le soutien d’habitants, il remet en état les locaux délabrés et  entreprend, en autodidacte, de brasser sa bière. « La capacité de stockage étant limitée, l’idée était de fabriquer uniquement pour la consommation du café ouvert les week-ends », explique t-il.

S’ADAPTER

Hélas, nous sommes en mars 2020, un premier confinement stoppe la machine. Loin, très loin de subir les événements, Mario s’adapte, s’invente et se réinvente. Pour notre Sud-Américain, cette fermeture c’est  d’abord « un peu de repos inattendu » après un an de travail acharné pour retaper les lieux. Mais ce sont aussi des idées nouvelles qui jaillissent. Puisque seuls les commerces alimentaires peuvent à ce moment rester ouverts, Mario s’adapte. Toujours en autodidacte, il décide alors de concevoir un four à bois destiné à cuire les pizzas qu’il prépare.

En juin 2020, avec la liberté retrouvée, le café réouvre et s’invente avec les habitants : Mario invite des groupes à répéter, accueille la fanfare et la chorale pour la fête de la musique, organise des concours de jeux de société… Très vite, les Jovéens s’approprient ce nouveau lieu de vie. La musique trouve sa place, naturellement ; et tout particulièrement la salsa. Pour Mario, ces sonorités ensoleillées « apaisent le mal du  pays lorsqu’il est trop prégnant ». Et comme un hommage à ses racines, la brasserie porte le nom de Cali, ville colombienne, capitale de la salsa.

Lorsque les cafés ferment de nouveau en novembre 2020, il décide de mettre sa production en bouteille. Tant pis si le lieu n’est pas adapté, lui s’adapte à tout. Pas besoin de démarcher longtemps les enseignes locales, le bouche à oreille fonctionne, le stock s’écoule sans mal.

Aujourd’hui, Cali accueille de nouveau du public. Notre homme caméléon a sept créations de bières à son actif : au curcuma, au caramel, à la mandarine…* et un packaging reconnaissable, stylisé noir et blanc  avec des visages d’artistes… D’autres projets fourmillent déjà, l’esprit créatif du lieu et de son propriétaire s’épanouissent…

*L’abus d’alcool est dangereux pour la santé, à consommer avec modération

Infos Brasserie Cali, 21 rue du Bocage, à Joué-sur-Erdre