Romain Mainguy, toujours plus vite

À tout juste 19 ans, il est déjà champion de France junior du 5 000 mètres. Une belle victoire non sans déconvenues…

La naissance d'une passion

Romain naît à l’automne 2000 à Ancenis. Enfant, le lignéen n’affectionne pas particulièrement le sport. Son père, Denis, lui est un ancien coureur. Romain raconte : « Un jour, il m’inscrit à une épreuve enfants au semi-marathon de Loireauxence. C’était plaisant et j’ai gagné ! »
À 12 ans, il rentre au collège Saint-Jo (Ligné) et s’inscrit à sa première compétition de cross country*. Son résultat est encourageant mais ce qui compte avant tout, c’est le regard de son père. « Il était fier de moi et plutôt étonné de mes facilités, mon style. Il décide alors de m’entraîner pour me faire progresser ».

La soif de vaincre

Très vite, le sportif enchaîne les courses. Il participe à son premier championnat départemental. « La veille, mes parents m’achètent des pointes **. Je ne pouvais pas les décevoir. Je termine premier sur 140 ! ». Puis, au championnat régional, il se place 22e sur 210. « J’étais déçu. Si je participe, c’est pour être le meilleur. »

On lui propose alors de faire d’autres courses. Pour cela, il doit être licencié d’un club. Le plus proche : l’Athlétic Club du Pays d’Ancenis (ACPA) à Ancenis-Saint-Géréon.
« Je faisais le pitre pour avoir des tours de terrain à faire ! » confie l’hyperactif. Jamais rassasié, il intensifie ses entraînements personnels et au club.

Toujours plus, toujours plus vite. En 5e, l’investissement paie : sept cross, sept victoires ! Il se calme une année et revient en 3e coaché par Abdel Lahlali, entraîneur à l’ACPA. « Il m’a fait confiance et m’a placé avec les plus âgés. J’avais soif d’apprendre ! »

Le pire souvenir de l’athlète : sa première participation au championnat de France à 15 ans. « Je ne le sentais pas, j’étais angoissé. Au départ, c’était à celui qui jouerait le plus des coudes. Personne ne se parlait. J’ai fini 275e sur 400 (…). Ce jour-là, j’avais envie de tout arrêter. Dégouté. »

Vers la médaille d'or

Abattu mais pas vaincu, il se calme un an. Puis, « parce qu’on ne doit rien au hasard », il reprend les entraînements, jusqu’à 80 km/semaine. Fin 2017, le revoilà au championnat de France. « Je ne parlais à personne, j’étais concentré. Je ne me suis pas démonté. » Il termine 10e sur 366 à la grande joie et fierté de tous, parents, entraîneur, club…

À cette période, Romain est au lycée à Nantes. Il s’enferme dans la performance mais s’organise néanmoins pour voir ses amis. Il ira jusqu’à courir avec une triple contracture aux deux mollets. « Le jour où je me suis écroulé de douleur, j’ai pris conscience que j’étais allé trop loin ».

Après une phase de rééducation, il revient au haut niveau. Des courses, des bons chronos, puis, la sélection au championnat du monde junior au Danemark. « J’étais tellement fier. Et puis, c’était aussi mon premier voyage à l’étranger ! » Une expérience humaine inoubliable et un bon classement pour cet éternel faux calme. Il termine 3e de la sélection française, 8e européen et 52e mondial.

Il revient plus motivé que jamais pour les championnats de France sur piste le 5 juillet dernier à Angers où il remporte la médaille d’or en 14’44 min. « Ce soir-là, je me suis empressé de partager ma joie avec mon club et mes parents bénévoles mobilisés sur la course Team&Run ! »

À la rentrée, Romain a intégré une école de préparation de sous-officiers à Angers. Son voeu le plus cher ? « Participer aux jeux olympiques à Paris en 2024 évidemment ! ».

*Cross country : une des épreuves de l’athlétisme qui consiste en une course nature. Il s’agit d’une épreuve hivernale dont les distances sont plus ou moins longues, de 4 à 12 km (pas d’obstacle ou de roche, principalement de l’herbe).
** pointes : chaussures de cross qui permettent d’améliorer l’adhérence.