Florence Sand, libre comme l'art

Une créativité débordante, des envies multiples et surtout une aspiration qui rythme son quotidien : la quête de sens. Rencontre avec Florence Sand, jeune écrivaine aux mille facettes.

Du premier amour…

L’écriture, c’est l’oxygène de Florence, son premier amour. Aussi loin qu’elle se souvienne, elle a toujours eu ça en elle. « Ma mère m’a appris à écrire à trois ans, j’ai rédigé des nouvelles tous les jours de mes huit à vingt ans et j’ai écrit mon premier roman à quinze ans. » Originaire de Grenoble, Florence n’a pourtant pas fait de cette passion une voie professionnelle.

Étudiante en ingénierie génie industriel, elle fait ses études à Nancy, Toulouse et part à Paris avant de s’envoler vers la Chine. Au coeur de l’empire du Milieu, l’ingénieure travaille comme responsable des relations internationales d’un centre anti-cancer. Mais rapidement le mal du pays la guette. « Au bout de trois ans, je commençais à en avoir marre, je n’aurais jamais pu me sentir pleinement chez moi. »

Elle rentre alors à Paris. Revenue dans l’Hexagone, une idée la hante : « J’avais besoin de trouver du sens à mon travail, notamment en rapport avec l’écologie et la bioéthique. » Elle enchaîne des expériences professionnelles décevantes. « Ce n’était que de la poussière d’étoile, le monde de l’entreprise n’était pas fait pour moi. J’ai tout quitté, acheté une voiture et je suis partie sur les routes de France à la recherche d’éco-lieux. » La jeune femme arrive alors au sein d’un écovillage sur le Pays d’Ancenis.

… Aux envies multiples

Dans ce lieu alternatif, Florence développe ses compétences manuelles et en profite pour se remettre à l’écriture. Son inspiration, elle la puise dans son quotidien. « Je vois le monde en couleurs, des formes dans les nuages, les pierres. Je m’émerveille de tout. »

En 2020, juste avant le confinement, elle quitte l’écovillage et s’installe dans la maison de ses rêves à Pannecé, « une maison d’artiste comme disent mes amis ». Elle termine deux de ses romans et entame le troisième avec un processus de création bien rôdé. « Quand j’écris, c’est sur une période définie et pendant sept heures d’affilée. Dans ces moments, tout peut me faire penser à mon écriture. »

Ses oeuvres, elle les chérit, les enrichit et les étaye en faisant des recherches. Sa quête de sens s’y retranscrit : « Je veux faire réfléchir à des thématiques, qu’elles soient sociétales, environnementales ou psychologiques. »

Et ses personnages ? Tantôt crédules, tantôt « psychopathes », ils montrent la part d’ombre et de lumière de chacun. « Il y a toujours une partie de moi dans mes personnages, mais de manière exacerbée. »

L’écriture fait partie intégrante de sa vie. « C’est essentiel, j’ai besoin d’écrire pour exprimer ce que je ressens, ça me canalise. » Mais Florence a de la créativité et des idées à revendre. À côté, elle développe ses autres compétences et est tour à tour correspondante de presse, artiste-auteure, créatrice de bijoux et de meubles en résine, peintre, artisan en objets d’art, confiseuse…

Aujourd’hui, elle expose à Ingrandes-Le Fresne sur Loire et à Ancenis-Saint-Géréon. Son objectif ? Vivre de ses activités artistiques et artisanales. « J’essaye d’atteindre l’autonomie, j’aime construire, faire des choses pour moi. Je n’ai jamais été aussi épanouie. Je manquais de sens, aujourd’hui je m’éclate. »